vendredi 21 mars 2008, par Annick
![]() | Quelques faits intéressants sur les conditions alimentaires des premiers habitants de la Nouvelle-France. |
Saviez-vous que le sucre d’érable, qui est aujourd’hui pour nous une agréable gâterie, faisait partie de l’alimentation des premiers habitants de la Nouvelle-France et leur permettait de passer les derniers mois de l’hiver ?
Effectivement, quant les denrées venaient à manquer au printemps et que le jeûne du carême imposé par l’Église interdisaient aux Canadiens français de manger leurs derniers morceaux de viande congelés, ils avaient l’habitude de se nourrir avec un peu de sucre d’érable pour se donner de l’énergie.
Voici un extrait du livre de Martin Fournier qui nous explique comment ils procédaient :
« Au printemps et en été, lorsque les gens manquent de viande, ils mangent leur pain en croquant en même temps un morceau de ce sucre (d’érable), et on dit qu’ils se portent fort bien en mangeant ces deux aliments en même temps. Ils disent cependant qu’à manger une trop grande quantité de ce sucre, on perd ses dents, et comme beaucoup d’autres produits sucrés, il abîme également la santé si on en mange immodérément. » (FOURNIE, MARC (2004). Jardins et potager en Nouvelle-France ; joie de vivre et patrimoine culinaire, Éditions Septentrion, Silleray, 242 pages.)
Je vous avoue qu’il n’y a rien de mieux que du beurre d’érable sur du pain maison grillé sur le poêle à bois après avoir passé une journée dehors à entailler les érables pour retrouver son l’énergie. Hum ! Un délice !
M. Fournier nous explique aussi dans son livre fort intéressant d’ailleurs que cette dent sucrée s’est développée parmi les habitants de la Nouvelle-France en même temps que l’arrivée du sucre blanc des Antilles. Le sucre d’érable quant à lui aussi appelé « sucre du pays » était alors considéré comme le sucre des pauvres, eux qui n’avaient pas l’argent pour acheter le sucre blanc importé. Ils ne pouvaient alors se permettre que de fournir temps et efforts pour produire leur propre sucre d’érable. Fait surprenant aujourd’hui, c’est l’inverse qui se produit !
Autre fais intéressant, une fois que les premiers habitants de la colonie se furent installés et eurent défriché leur terre, ils se trouvaient étonnamment dans une meilleure situation que celle de leurs homologues français. À l’exception faite des derniers mois de l’hiver, l’abondance des ressources naturelles qui n’étaient pas encore surexploitées en Nouvelle-France comme en Europe permettait ainsi à la très grande majorité de la population de s’alimenter beaucoup mieux. On peut cependant se questionner aujourd’hui de ce que nous avons fait de cette abondance si on regarde l’état de nos forêt et de nos bancs de poissons.
Je vous souhaite tout de même de profiter de ces succulentes denrées de l’érable qui sont bien de chez nous et encore disponibles pour l’instant, même si les parties de sucre d’aujourd’hui n’en vont plus de notre survie, mais plutôt de la survie de notre foie et de notre glycémie !
Bonne cabane à sucre et Joyeuses Pâques à tous !